Qu’est-ce que le Flow ?

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Qu’est-ce qui fait que certains individus atteignent en même temps de très hauts niveaux de performance, de bonheur et de motivation ? Comment expliquer que ce n’est effectivement pas «la performance qui fait le plaisir, mais bien le plaisir qui fait la performance» ? La réponse tient en un mot : le F.L.O.W.

Le légendaire joueur de football Pelé décrit ainsi  son expérience d’être dans le Flow: «J’ai ressenti comme un étrange calme, une extrême concentration…une sorte d’euphorie. J’ai eu l’impression de pouvoir courir avec plaisir une journée entière, sans fatigue, de pouvoir dribbler à travers toutes leurs équipes.» Ou encore Ayrton Senna, lors des qualifications du grand prix de Monaco en 1988, «Tout à coup j’ai réalisé que je ne conduisais plus la voiture consciemment. Je la conduisais comme instinctivement, mais j’étais dans une autre dimension. J’étais comme dans un tunnel.» Nous ressentons tous des moments de flow. Dans ces moments où tout notre être est sollicité, les problèmes s’évanouissent : on se sent vivant, voire vibrant. Même notre ego a pris congé ! C’est le sentiment d’un père (ou d’une mère) face au premier pas de son enfant, du travailleur immergé dans sa tâche, de deux amants passionnés, ou d’un enfant en train de jouer au lego… C’est un état psychologique optimal pouvant être ressenti dans divers domaines tels l’art, l’enseignement, le sport, la sexualité, le travail. Mais comment reconnaître cette expérience optimale de performance et de bonheur que le célèbre psychologue  Mihaly Csikszentmihalyi a appelé : le Flow ?

Le plaisir est au centre de la préoccupation de l’individu. «L’activité est un plaisir en soi ». L’individu ne se focalise pas uniquement sur le résultat. Il y a une absence de stress négatif malgré l’enjeu extérieur observable. «Le problème de la confiance ne se pose pas ». La concentration est maximale et reste focalisée sur l’action à venir. Il y a une immersion complète dans l’activité qui isole du reste du monde. Le sentiment de soi se dilue autant que la sensation du temps qui s’écoule. Seules les informations pertinentes sont traitées. Bien qu’il puisse y avoir l’impression d’un pilotage automatique, paradoxalement, c’est un traitement stratégique de l’information qui s’opère à cet instant-là. « Une sensation de contrôle, de perfection et d’efficacité maximale se développe et se réalise. »

En résumé, le flow est donc un état de concentration intrinsèquement agréable qui se manifeste avec la perception d’un équilibre entre ses compétences personnelles et la demande de la tâche. Ce qui correspond exactement à la définition inverse du stress négatif qui est au contraire une impression de déséquilibre entre les demandes du monde extérieur et sa perception d’avoir les ressources pour y faire face. Vivre le flow est donc le plus sûr moyen d’allier performance, plaisir et stress négatif minimum…

Mais quelles sont les stratégies et les moyens pour vivre plus de flow et de haute performance au quotidien … ?

A suivre le prochain article « Comment vivre le Flow au quotidien ? »

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Pour aller plus loin :

  • Mihály Csíkszentmihályi : Vivre : la psychologie du bonheur
  • Mihály Csíkszentmihályi : Mieux vivre en maîtrisant votre énergie psychique
  • « Vers un état de plénitude » – L’Essentiel Cerveau & Psycho n°14, mai-juillet 2013 [archive].
  • Mihály Csíkszentmihályi, Flow: The Psychology of Optimal Experience’, New York, Harper and Row, 1990
  • Janet A Young, Michelle D Pain, « The Zone: Evidence of a Universal Phenomenon for Athletes Across Sports »
  • Mihaly Csikszentmihalyi (1988) Optimal Experience Psychological Studies of Flow in Consciousness. Cambridge, NY: Cambridge University Press. 323.

 

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