« Ne faites rien ! »

Keith-Murnighan

C’est le titre un peu provocateur du livre de Keith Murnighan, professeur à l’Université Northwestern de Chicago (« Ne faites rien » Portfolio Penguin 2012).

Ne faites rienL’idée développée dans cet ouvrage s’inscrit dans la continuité des thèses d’Isaac GETZ, co-auteur du livre « Liberté & Cie », que nous avons présentées dans un article précédant de ce blog (Est-ce que « la liberté des salariés » peut faire « le bonheur des entreprises » ?)

Keith Murnighan dénonce l’idée selon laquelle les dirigeants les plus efficaces seraient les leaders les plus charismatiques, capables de gérer tous les aspects de leur entreprise. Des espèces de surhommes, extrêmement compétents et pertinents, capables de réaliser des prouesses à eux seuls. D’où la fascination exercée par les dirigeants emblématiques, tels que Jack Welch, qui a dirigé General Electric pendant 20 ans, auteur du best-seller « Ma vie de Patron », ou encore Steve Jobs, le fondateur d’Apple.

L’injonction « ne faites rien » est bien-sûr à prendre au 2nd degré. En fait, Murnighan oppose à l’image du dirigeant Superman, présent sur tous les fronts et sur lequel repose l’Entreprise, celle du manager Chef d’orchestre, capable de faire jouer la plus belle des partitions à ses troupes. Selon Murnighan, le principal écueil qui menace beaucoup de dirigeants, est leur difficulté à déléguer efficacement et véritablement. Rien n’est pire, pour l’implication et la performance d’une équipe, qu’un manager qui soit en surveillance ou en contrôle systématique. Non seulement il perd un temps précieux qu’il devrait consacrer au développement de son entreprise et à l’innovation, mais en plus il déresponsabilise et démotive ses collaborateurs.

Le conseil donné aux dirigeants n’est donc pas de ne rien faire du tout, mais de ne pas faire à la place, et de se consacrer au développement d’un environnement qui permette à chacun de gagner en autonomie et en confiance. Si les dirigeants et les managers les plus performants savent donner des responsabilités et une véritable autonomie à leurs collaborateurs, ils savent aussi les former, les piloter, les mettre en confiance. Cette recommandation n’est évidemment pas nouvelle. Evidence diront certains, rappel toujours salutaire et nécessaire diront d’autres.

Merci M. Murnighan !

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