Le respect : une valeur qui se perd ?

Respect

La dégradation des relations est visible partout. C’est dans l’Education Nationale qu’elle demeure la plus patente : plus d’un fonctionnaire sur 10 déclare avoir subi des violences morales; 12% des enseignants ont été agressés verbalement ou menacés. En maternelle et en primaire, ce sont les parents qui s’en prennent aux instituteurs. Au collège et au lycée, les élèves malmènent directement leurs profs : 12% des enseignants sont victimes d’incivilité.

Dans l’entreprise, le climat n’est guère plus courtois. 47% des salariés déclarent vivre chaque semaine des actes incommodants tels que des retards de collaborateurs en réunion, du café renversé (et non nettoyé) sur un bureau ou une table, le bruit de conversations personnelles au téléphone, l’absence de salutations etc…

Sommes-nous devenus impolis ou avons-nous perdu le sens commun de la civilité ?

Une chose est certaine, nous peinons à vivre ensemble. Et paradoxalement, nous le supportons mal.

Le manque de savoir vivre et l’agressivité des gens constituent notre première source de stress alors que la politesse est une des valeurs les plus plébiscitées par la population. Nous aimons donc la politesse, l’apprécions et éventuellement la pratiquons, mais nous nous laissons déborder par des gestes impulsifs, des comportements discourtois. Ainsi nous ne serions pas impolis mais impatients, râleurs et soucieux de faire valoir nos droits, quoi qu’il en coûte à nos semblables

Si nos échanges se tendent et s’altèrent, c’est parce que nous nous manquons mutuellement de respect, ce mot un peu désuet dont l’origine latine – respicere- signifie « regarder en arrière »; une invitation à l’effacement de soi pour donner sa place à l’autre. Or, offrir à l’autre, cet inconnu, ce rival, la place qu’on exigeait pour soi est un cadeau trop onéreux à l’heure où chacun s’affole de ne pas occuper sa juste place.

Oscar WILDE le résuma à sa manière en affirmant que « la seule chose que la politesse peut nous faire perdre, c’est, de temps en temps, une place dans un train bondé ». Dorénavant ce siège, enjeu individuel maximal, n’est plus cessible. Au diable donc, la civilité et sus au siège libre !

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