Le Management : une affaire d’expert ou de connaisseur ?

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Une récente chronique dans L’Express (Express N°3259 / 18 décembre 2013) mettait en exergue une tendance de fond qui s’amplifie : l’éloignement des politiques des réalités économiques des entreprises. Nos élus ont-ils été des managers ?

L’Institut de recherches économiques et fiscales a comparé le profil des élites chargées de l’Economie et des Finances aux Etats-Unis et en France. Leurs résultats sont éloquents :

Aux Etats Unis, 61,3% de l’élite administrative (conseillers et hauts fonctionnaires) ont déjà travaillé dans le secteur privé alors qu’ils ne sont que 24,6% dans ce cas en France.Les parcours scolaires sont, côté Etats Unis, assez hétérogènes tandis qu’en France, les deux tiers viennent de cinq écoles prestigieuses où les cours de gestion sont peu nombreux.Côté parité, 47% des responsables américains sont des femmes, pour seulement 27% en France. Enfin, 25% des hauts fonctionnaires américains sont passés par des think tanks ou groupes de réflexion (contre 4% chez nous), sont titulaires d’un doctorat et/ou ont fait de la recherche (contre 11% en France).
Et cet organisme de conclure : une « oligarchie organisée » décide donc en France des politiques économiques.

Et dans nos entreprises ? Ceux qui les dirigent ont-ils tous la volonté de faire vivre la diversité sociale, sexuelle, scolaire et professionnelle au sein de leurs effectifs ? Au delà de ce qu’imposent les lois du droit social, il est clair que la mixité des profils au sein d’une équipe développe l’intelligence collective et favorise la créativité.

Et nos managers ? Des « experts » ou des « connaisseurs »? On croise parfois des managers au discours prometteur sur la façon de conduire les hommes, étayant leurs propos de concepts savants ou s’appuyant sur des techniques avant-gardistes. Or, dans de nombreux domaines d’activité, la crédibilité managériale passe encore et toujours par la compétence technique. L’expérience prévaut, même si, comme le dit le philosophe, elle est comme une lanterne accrochée dans le dos : elle n’éclaire que le chemin parcouru !

 

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