Le diable s’habille en Prada

Titre d’un film qui dépeint les comportements excessifs, parfois tyranniques d’une Directrice d’un grand magazine de mode new yorkais…

Caricature ou réalité ? Il semble que les comportements générateurs de stress prospèrent chez certains cadres. Le mal se banalise; avec la crise et la difficulté croissante à réaliser les fameux « KPI » si chers à certains managers, de nombreuses études l’affirment : les personnalités difficiles s’épanouissent au travail, certaines règnent en despotes. Un professeur de l’INSEAD les a surnommés les S.O.B. ou Seductive Operational Bully; ces tyrans séducteurs s’arriment partout où le pouvoir, le statut social et l’argent sont des enjeux.

manager tyranLe SOB se caractérise par son « absence d’empathie, de sentiment de culpabilité et de remords mais aussi par des qualités d’adaptation hors du commun ». Il se plait partout, dans tous les secteurs d’activité. Très récemment, des chercheurs suisses ont scrupuleusement comparé des traders à de véritables psychopathes en détention. Au concours du plus égocentrique et du plus manipulateur, ce sont les traders qui ont gagné !

Dans l’entreprise, l’histoire débute par une lune de miel; un chef leader à l’esprit brillant débarque un beau matin, tout nouveau, tout beau. Puis son masque d’amabilité tombe progressivement. Commence alors toute une panoplie de comportements « déviants » : humiliations en réunions, reproches plus ou moins fondés («tu n’es pas assez autonome », « tu manques d’organisation »), exigences multiples et contradictoires…Un méticuleux travail de sape et des méthodes de management « à la hussarde » se mettent en place.

Ce chef tyrannique s’attaque la plupart du temps à des salariés dévoués, soucieux de bien faire. Pour les victimes de ses chefaillons, la facture est parfois lourde : arrêts maladie, burn out, dépression…

Pourtant, rares sont les managers réellement pervers. Ils sont amenés à se muer en harceleurs en mettant la pression, en véhiculant la peur, en pilotant les chiffres, plus rarement les hommes. Ils ne sont plus QUE dans l’action.

«Piloter uniquement les résultats revient à regarder un match de tennis les yeux rivés sur le tableau d’affichage, sans jamais regarder les joueurs » disait à son époque un certain Yvan Lendl…qui ne s’habillait sans doute pas en Prada !

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