La joie pour transformer les organisations

Etapes de la croissance d'une marguerite, fond blanc

Les études de Gallup évoquent régulièrement, dans les entreprises françaises un taux de désengagés de 65% et d’activement désengagés de 25%.

C’est aussi cette expérience professionnelle qui a amené Richard Sheridan, PDG d’une petite société informatique, à s’interroger sur les déterminants et les solutions de ce mal-être au travail. Car pour lui tout l’enjeu de l’aventure managériale est «de retrouver du plaisir et de la joie à travailler ». Voici donc ses solutions et expérimentations au sein de son entreprise « Menlo ».

Tout d’abord selon Richard Sheridan, « pour changer les comportements humains, il faut changer l’espace physique ». Comme en témoigne l’environnement sans hiérarchie, bruyant, et modulable de son open-space. L’idée est que pour retrouver le plaisir de collaborer, chacun a besoin d’être proche les uns des autres. L’important étant que les gens travaillent ensemble.

Dans cet objectif, son entreprise a construit une distribution des tâches fondamentalement nouvelle. Par exemple les collaborateurs produisent tous obligatoirement en binôme sur un seul et même ordinateur. Mais chaque semaine, les binômes doivent changer. Comme Sheridan l’explique très bien : « Deux esprits. Quatre mains. Un ordinateur. C’est comme cela qu’on partage de la connaissance, qu’on favorise la créativité. »

De même au sein de Menlo, on peut réaliser des réunions éclaires. Chaque collaborateur peut mobiliser tout le monde d’un « Hey Menlo » pour créer une réunion sur le champ. Tout en sachant que chez Menlo on n’aime pas les réunions. Si bien que la règle est d’en faire peu, et surtout les plus courtes possibles. C’est pourquoi chaque matin vers 10 heures, tout le monde se met debout en cercle pour exprimer son reporting très rapidement en quelques secondes.

De même une réunion show and tell (montrer et raconter) est menée chaque semaine avec le client pour l’inviter à réagir directement au travail réalisé par les équipes de Menlo. L’idée étant de faire vivre également au client l’expérience transformative… Cela permet ainsi d’avoir un feed-back direct du client, afin de rester au plus proche de ses besoins et de co-construire avec lui son produit. Dès lors la motivation et l’implication humaine des équipes grandissent.

Enfin pour résumer cette expérience réussie au sein de Menlo, son PDG explique qu’il faut « savoir dire oui, plutôt que non ». C’est ce qu’il a amené par exemple à accepter qu’une de ses collaboratrices en congé maternité qui ne trouvait pas de solution de garde pour son bébé, vienne travailler avec. Il lui a alors dit : « Je te fais confiance. Tu feras ce qu’il faut. On fera en sorte, tous ensemble, que ça fonctionne. Tentons l’expérience ! » Menlo Innovations a ensuite accueilli plus de 13 bébés depuis cette première expérience.

Comme l’explique parfaitement Peter Senge dans La 5ediscipline« à long terme, la seule source durable de potentiel concurrentiel, c’est la capacité de votre organisation à apprendre plus vite que la concurrence ». Et c’est justement cela que produit le plaisir à travailler.

Car ce n’est pas la performance qui fait le plaisir, mais bien le plaisir qui fait la performance. C’est bien parce que mois après mois, jour après jour, minute après minute, vous avez plus de plaisir que de souffrance à travailler, que votre action ne sera plus un travail, mais une œuvre.

Plaisir procuré par le sens que je mets dans mon travail, l’utilité que je lui donne, par l’autonomie de décision et de mise en œuvre que je possède mais aussi par la qualité des liens et le climat de confiance qui permet l’aventure collective.

Sens, autonomie, liens, confiance : là est l’art du management et de la transformation. C’est notre métier de vous y accompagner.

Tristan Buscato, Néom

 

 

Laisser un commentaire